Société québécoise d’ethnologie
État de situation
31 mars 2009
La Société québécoise d’ethnologie a pour mission de promouvoir la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine ethnologique du Québec et des francophones en Amérique du Nord, tant sur le plan immatériel que matériel. À cette fin elle a mené, au cours de l’exercice qui s’est terminé le 31 mars 2009, des activités principalement axées sur l’amélioration des connaissances relatives au patrimoine et à leur mise en valeur, et cela avec la collaboration de plusieurs partenaires. Elle a publié le volume 6 de Rabaska, seule revue entièrement et exclusivement consacrée au patrimoine ethnologique du Québec et de ses prolongements en Amérique du Nord, participé aux travaux de l’Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel (IREPI) et à l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux (IPIR), poursuivi son programme de ciné-rencontres du patrimoine ethnologique au Musée de la civilisation de Québec et son projet de Regroupement des chercheures et des chercheurs indépendants en patriomine immatériel et lancé finalement un nouveau projet d’étude sur « La Traversée du fleuve Saint-Laurent en canot à glace à Québec ». Dans son Plan d’action de 2009-2010, elle entend poursuivre ces actions et en susciter de nouvelles.
La revue Rabaska, publiée depuis 2003, fait état des activités annuelles dans le champ du patrimoine ethnologique. Elle est distribuée aux membres en règle de la Société (réguliers, corporatifs et étudiants) ainsi qu’à ses collaborateurs. Son format est approximativement de 250 pages. Elle contient des articles de recherche, une section consacrée aux activités de terrain, une autre aux débats publics en matière de patrimoine ethnologique, une autre aux musées et aux expositions, une autre encore à de nombreux comptes rendus de livres qui touchent tous les publics, une dernière aux rapports que nous font parvenir une quinzaine de centres, de groupes et d’associations qui oeuvrent dans notre domaine. Rabaska est faite par nos membres tandis que 100 % de son budget provient de nos partenaires. En 2008, les partenaires étaient : l’Université Sainte-Anne à Pointe-de-l’Église (Nouvelle-Écosse), l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick), la Société internationale du réseau Économusée (Québec), l’Université Laval (Québec), l’Université du Québec à Montréal (Québec), l’Université de Sudbury (Ontario) et l’Université de Régina (Saskatchewan). La liste des lecteurs de Rabaska compte environ 350 noms de personnes et d’institutions depuis qu’elle est accessible par mode électronique à travers le réseau du portail Érudit.
Les projets IREPI et IPIR sont mis en oeuvre par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique de l’Université Laval dont nous sommes les partenaires avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Conditions féminine, qui les subventionne. Notre participation y est double : par notre représentation permanente aux comités scientifiques (IREPI : Bernard Genest ; IPIR : Jean Simard) et notre contribution à la formation des équipes d’enquêteurs. L’une de nos préoccupations est de promouvoir la recherche-action, c’est-à-dire de faire en sorte que tout au long des travaux de terrain ces inventaires aient des retombées immédiates auprès des populations touchées, notamment par la visibilité dans les médias et sur l’Internet. Dans les projets auxquels nous participons ou que nous menons de façon indépendante, nous nous occupons de stratégies ayant pour objet la reconnaissance officielle de manifestations de patrimoine immatériel.
C’est dans cette lancée que la Société a déposé au MCCCF un projet ayant pour titre « La Traversée du fleuve Saint-Laurent en canot à glace à Québec. Projet d’étude pour la reconnaissance nationale et internationale d’un patrimoine immatériel exceptionnel ». Le Ministère l’a appuyé en vue de l’inscrire dans le cadre de l’Entente de développement culturel avec la Ville de Québec, qui le subventionne. La recherche a commencé en janvier 2009 et prendra fin en juillet prochain. Bernard Genest a la charge du projet tandis que Richard Lavoie, spécialiste reconnu en cette matière, exécute la recherche en tant que consultant. « D’un point de vue historique et systémique, écrit Bernard Genest dans l’énoncé de la demande, la traversée du fleuve en canot à glace est sans doute l’une des plus anciennes traditions hivernales qui nous soit parvenue depuis les origines de la colonie. Profondément ancrée dans la tradition québécoise et dans sa réalité géographique et historique, l’activité constitue un patrimoine immatériel probablement unique au monde. Nous partons de l’hypothèse que ce patrimoine pourrait faire l’objet d’une reconnaissance nationale, voire même internationale. L’objectif du projet est d’approfondir la connaissance de cette tradition en vue de sa reconnaissance et de sa mise en valeur. En clair, il s’agit de monter un dossier ethnohistorique en situant l’activité dans le temps et dans l’espace, sans perdre de vue que celle-ci est étroitement associée à une autre tradition populaire québécoise, celle du carnaval d’hiver. » Ajoutons que le projet devra dépasser le cadre géographique de la région de Québec si nous voulons convaincre les autorités québécoises, canadiennes et internationales de le reconnaître en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Nous enviageons par conséquent de l’étendre à toute la vallée du Saint-Laurent où s’est pratiquée l’activité depuis les origines.
Nous avons poursuivi en 2008-2009 notre programme des ciné-rencontres au Musée de la civilisation de Québec. Rappelons que la formule est celle du ciné-club. Un membre de la Société prend en charge une séance, choisit une thématique, un ou des films, invite un expert ou le réalisateur qui répond aux questions du public après la projection. L’entrée est gratuite pour nos membres et pour les Amis du Musée de la civilisation. Elle est de 3 $ pour le grand public. En contrepartie des gratuités que nous donnons aux Amis du Musée, le Musée nous facture à demi-tarif la salle et le projectionniste. Nous avons présenté cette année : Jean Carignan, violoneux (Bernard Gosselin, 1975), Jean-Baptiste Béland, homme ou cheval (Simon Poulin 2006), Le Rêve de Roméo (Simon Poulin, 2008) et Tant qu’il reste une voix (Jean-Nicolas Orhon, 2008).
Dans la prochaine année nous poursuivrons, en partenariat avec le Conseil québécois du patrimoine vivant et le Centre Mnemo, la mise en forme d’un Regroupement des chercheures et des chercheurs indépendants en patrimoine immatériel. À cette fin nous tiendrons à l’automne 2009, dans le cadre du Festival international des arts traditionnels (FIAT) de Québec, un colloque sur « La situation de la recherche indépendante en patrimoine immatériel ».
Pour l’essentiel, nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés dans le dernier plan d’action et nous le devons pour beaucoup à l’implication bénévole des membres de notre conseil d’administration et à d’autres membres qui ne font pas partie du conseil. Sans la collaboration de nombreux partenaires, tant sur le plan des ressources humaines que du financement, les efforts des membres de notre conseil n’auraient pas suffi. La Société québécoise d’ethnologie est un organisme en patrimoine de portée nationale, elle recrute ses membres dans 11 régions administratives du Québec, dans 7 autres provinces canadiennes ainsi que dans 4 autres pays. Elle doit surtout son rayonnement à Rabaska qui fait connaître partout le patrimoine du Québec, tant auprès des ethnologues que du grand public. C’est aussi vers le grand public qu’elle dirige ses efforts en maintenant et en développant son programme de ciné-rencontres. Enfin elle centre son développement sur la connaissance et la reconnaissance du patrimoine immatériel comme facteur de développement durable pour le Québec de toutes les régions.
Jean Simard
Président